EXÉCUTION DU GÉNÉRAL CHARETTE

huile sur toile  285 cm x 170 cm (1883)

Localisation actuelle : collection privée

Sujet

François-Athanase de Charette de la Contrie, né le 21 avril 1763 à Couffé, près d’Ancenis. Il entre à l’école des Gardes de la Marine en 1779, sert ensuite sous le comte de de La Motte-Picquet et l’amiral de Guichen, obtient le grade de lieutenant de vaisseau en 1787 et compte en 1790, onze campagnes à son actif, dont quelques-unes en Amérique. Le 25 mai 1790, il épouse Marie-Angélique Josnet de la Doussetière et s’établit au manoir de Fonteclose, à La Garnache près de Challans (Vendée). Très vite, il s’ennuie, s’éprend de maîtresses, s’adonne à la chasse et ne manque aucun bal des châteaux environnants. Bien qu’il désapprouve le principe de l’émigration, il part pour Coblence, mais ne tarde pas à revenir en France pour défendre la famille royale aux Tuileries, le 10 août 1792. Il échappe au massacre, mais sur le chemin du retour, il est arrêté à Angers et relâché grâce à l’intervention de Dumouriez. Le 27 mars 1793 (24 Ventôse an I), dans la région de Machecoul où a lieu le massacre, il accepte de se mettre à la tête de paysans du Marais breton venus chercher son commandement au manoir de Fonteclose. Ceux-ci ne sont armés que de piques et de fusils de chasse et sont peu disciplinés. Il parvient ensuite à commander de meilleurs éléments dont des déserteurs républicains, et une cavalerie d’élite composée de nobles et de bourgeois équipés à leurs frais. Le 30 avril 1793 (11 Floréal an I), il parvient à empêcher les Républicains de prendre Legé.

Attaque de Nantes

Après la prise de Saumur en juin 1793, il se joint à l’Armée catholique et royale et Lescure lui demande de participer à la prise de Nantes. Le 29 juin 1793, il arrive le premier avec ses troupes dans les faubourgs de la ville. Il lance l’assaut seul aux aurores sans attendre les renforts de Charles de Bonchamps. Il est le dernier à quitter Nantes; le lendemain, après la retraite de l’Armée catholique et royale et voyant que tout était perdu, il aurait fait un pas de danse par dérision. Deux semaines plus tard, il est de nouveau présent sans les autres groupes, alors que l’attaque devait être combinée. Ses pertes sont élevées et après la perte de quatre canons, les Bleus contre-attaquent.

Le 19 septembre 1793, il participe à la victoire de Tiffauges, mais désobéit avec Lescure et se lance dans la poursuite de Kléber.

Le 30 septembre 1793 (9 Vendémiaire an II), le canon dans l’île de Noirmoutier fait reculer ses troupes. Mais douze jours plus tard, il les fait entrer par la chaussée du Gois à la marée montante pour les forcer à avancer. Les 800 hommes de la garnison sont rapidement capturés et, malgré ses ordres, un sous-chef en fait fusiller 200.

Se sentant dédaigné, il se sépare du gros de l’armée vendéenne qui va subir un désastre au cours de la Virée de Galerne, notamment à Savenay en décembre 1793. Il poursuit la lutte par une guérilla autonome. En mai 1794 Charette réorganise son armée et confirme Pierre Rezeau comme commandant de la division de Montaigu. En 1794, il s’empare du camp républicain de Saint-Christophe, près de Challans, mais moins d’un mois plus tard, le général Nicolas Haxo avec six mille hommes le force à s’enfuir. Il prend sa revanche peu de temps après en encerclant Haxo, qui est capturé et se voit apparemment contraint au suicide.

Traité de paix

A bout de munitions, le 17 février 1795, Charette, ainsi que plusieurs autres chefs vendéens, signe avec les représentants de la Convention le traité de La Jaunaye. Ce traité, signé au manoir de La Jaunaye, à Saint-Sébastien, près de Nantes, établit la liberté religieuse et exempte les insurgés du service armé. Quelques jours plus tard, Charette peut défiler à Nantes aux côtés du général Canclaux et du représentant en mission Albert Ruelle.

Mais la paix ne dure que cinq mois. En juin 1795, Charette reprend les armes au moment du débarquement de Quiberon, reçoit de la poudre, des armes et des fonds des Britanniques à Saint-Jean-de-Monts les 10,11 et 12 août 1795, mais est défait par Hoche.

En juillet, le futur roi Louis XVIII lui écrit qu’il lui confère le grade de général de l’Armée catholique et royale. Ses faits d’armes dépassent de loin le cadre de la guerre de Vendée : il reçoit les félicitations d’Alexandre Souvorov et Dumouriez tente de le débaucher pour rallier la cause de Louis-Philippe d’Orléans.

Tentatives désespérées

En octobre 1795 il tente d’organiser la venue du comte d’Artois, second frère de Louis XVI en Vendée et se porte sur la côte avec 15 000 hommes lorsque le prince se trouve à l’Île d’Yeu. Le futur Charles X ne rejoint pas le continent et Charette est peu à peu abandonné par ses troupes.

Charette fait alors le projet de faire jonction avec les bandes de Stofflet qui se battent encore en Anjou. Mais les colonnes républicaines viennent quadriller la région et il finit par être capturé par le général Travot le 23 mars 1796 dans les bois de la Chabotterie (commune de Saint-Sulpice-le-Verdon) alors qu’il n’est plus suivi que par 32 derniers fidèles.

Exécution à Nantes

Il est condamné à mort le 29 mars 1796 sur la place Viarme à Nantes. Avant d’y arriver, il étonne une fois encore la foule silencieuse qui s’était massée sur la place des Agriculteurs pour assister à l’exécution. S’arrêtant devant son cercueil, il le détaille avec un sourire ironique avant de hocher la tête d’un air approbateur : oui, la caisse est bien à sa taille.

Gravure d’après le tableau

« Monsieur l’abbé, j’ai bravé cent fois la mort. J’y vais pour la dernière fois, sans la braver, sans la craindre”. Charette tient parole : après avoir répondu de la sorte au prêtre qui avait cru devoir l’exhorter au courage. Il s’avance, la tête haute, devant le peloton d’exécution formé de soldats choisis dans le bataillon de chasseurs qui avait réussi à le capturer le 23 mars dans le bois de la Chabotterie. Il refuse de se faire bander les yeux et ordonne lui-même de faire feu par sa célèbre réplique : “Lorsque je fermerai les yeux, tirez droit au cœur”. Dans un dernier effort au moment où les soldats ouvrent le feu, il se jette en avant.

Sa devise était “Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais”. Son souvenir est encore très vivace en Vendée. Une croix, à l’angle de la Place Viarme et de la rue Félibien, commémore cette exécution.

FR3 région consacre un reportage à Charette avec le tableau de Le Blant
Scénographie Charette au logis de la Chabotterie
Vignette du chocolat Planteur d’après le tableau de Le Blant

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