BIOGRAPHIE

Portrait du peintre
Portrait du peintre

Julien Le Blant naît à Paris, au 4 rue Tronchet, le 30 mars 1851. Il est le premier enfant d’Edmond Frédéric, un érudit. Avocat employé au ministère, ce père joue du hautbois, s’intéresse à la porcelaine et surtout à l’archéologie. Ses écrits sur les vestiges des premiers temps de la chrétienté en Gaule sont encore une référence aujourd’hui.

Dessinant lui-même dans ses ouvrages, le savant aura sans doute éveillé l’intérêt de son fils pour le dessin et l’histoire. Julien n’a pas connu sa maman, Marie Louise qui est décédée trois semaines après sa naissance. Elle avait 21 ans

Après la mort de sa fille, le grand-père de Julien Le Blant, Louis Lemaire, écrit « Stances sur la mort de ma fille« , qu’il dédicace à son petit fils.

Publication de Louis Lemaire, grand-père de Julien Le Blant, à la naissance de celui-ci.

Julien est pris en charge par sa grand-mère maternelle durant les quatre premières années de son existence, puis il va grandir auprès de la seconde épouse de son père, Marguerite Thérèse et de sa demi-sœur Marie-Paule Valérie, qui a 8 ans de moins que lui. L’adolescent et son père ont eu des relations compliquées. Le futur artiste est, parait-il, un enfant difficile. Edmond, très occupé et souvent absent, rêve de faire de son fils un architecte.

Edmond Frédéric Lemaire, directeur de l'école française de Rome
Son père Edmond et sa demi-soeur Marie-Paule Valérie
Julien enfant

Julien étudie d’abord au lycée Bonaparte, puis chez les Dominicains d’Arcueil. Durant son enfance et son adolescence, le futur peintre des chouans n’a qu’une passion: le dessin. Selon le désir de son père, il commence une formation d’architecte qui ne lui plait guère. Pendant deux ans, il tire des lignes et des épures chez Monsieur Hénard, architecte de la Ville de Paris. Peu enthousiasmé par ce travail, il dessine et rêve de peindre. En 1870, l’année de ses 19 ans, la guerre franco-allemande est déclarée. Quand l’histoire se déroule sous ses fenêtres on ne se contente pas de la regarder. Alors Julien s’enfuit de la maison paternelle et s’engage dans les francs tireurs de Neuilly, sous le commandement du député Paul de Jouvencel (qui s’évadera de Paris dans un ballon prêté par Nadar et qui va raconter ses péripéties en 1873 dans l’ouvrage: 1870 Récits du Temps). Autour de Paris, sur le terrain, le jeune homme va apprendre le réalisme de la peinture militaire. Il n’a jamais suivi de cours dans une école d’art même si Ernest Girard, un élève d’Ingres, lui donnera quelques leçons.

En 1874, il participe à son premier Salon et décroche d’emblée une médaille de troisième catégorie. Il reçoit encore une médaille d’or lors de l’Exposition universelle de Paris en 1889, attribuée par un jury international, ne fait que confirmer ce que les spécialistes s’étaient accordés à reconnaître unanimement depuis plusieurs années. Pourtant l’artiste n’a pas cherché la facilité et la compromission. Le sujet des guerres de Vendée est une tache sombre dans l’histoire de France. Cent ans après les événements, Julien Le Blant a voulu que les héros de ce conflit fratricide n’aient pas sacrifié leur vie pour tomber dans l’oubli. C’est avec un regard d’historien qu’il nous reparle de d’Elbée, de Charrette ou de La Rochejacquelein. Après avoir été médaillé à l’exposition universelle d’Anvers, Julien Le Blant est fait Chevalier de la Légion d’Honneur en décembre 1885 sur recommandation du peintre Ferdinand Heilbuth.

L’artiste, qui avait été auréolé de gloire dès la présentation de ses premières toiles, remet en question sa manière de peindre et sa touche devient plus impressionniste suite à un long séjour de 20 ans en Corrèze. Travailleur infatigable, il réalise plusieurs centaines de toiles et d’aquarelles ainsi que plus de 650 dessins d’illustration dans des ouvrages majeurs du dernier quart du siècle.

Sa carrière de quarante-cinq ans se déroule d’un bout à l’autre de la IIIe République. Il la termine comme il l’a commencée, par un sujet militaire : la grande guerre. Puisqu’on ne l’autorise pas à se rendre sur le front en raison de son âge, il mènera son combat à l’arrière, avec ses crayons et pinceaux. Et c’est tant mieux. L’œuvre réalisée entre 1914 et 1919 est une merveille. L’artiste au sommet de son art immortalise les poilus à la gare de l’Est et ses environs. Il ne représente pas le combattant à l’allure bien mise, bombant le torse avant d’aller casser du « Boche ». Sans complaisance, il nous montre sa « Nation en Armes », avec des soldats portant plus lourdement leur humanité que leur gros sac à dos. Parfois souriants, souvent inquiets, ils n’ont pas l’uniforme tiré à quatre épingles mais plutôt des guenilles qui les font parfois ressembler à des clochards.

Julien Le Blant les rencontre, leur parle, note quelques éléments biographiques en regard de ses croquis. Lorsqu’il expose ces remarquables travaux en 1919 à Paris, le public n’est pas au rendez-vous. Il ne veut sans doute plus entendre parler de guerre ou ne pas voir ses héros si pauvres et peu glorieux.

Durant les trente années qui lui restent, il n’exposera plus. Il reprend ses croquis de guerre pour en faire des compositions à l’eau-forte. Il continue de dessiner des scènes paysannes et des vieilles bâtisses jusqu’à son dernier souffle à plus de quatre-vingts ans. Il meurt dans l’oubli à Paris le 28 février 1936.

Plaque mortuaire de Julien Le Blant

Julien Le Blant s’est marié le 22 septembre 1904 à Paris (XIe) avec Marie Etchepare, fille de Jean (boulanger) et de Dominica Sorhuet née le 13 avril 1876 à St-Jean de Luz. Sa soeur Henriette et son beau-frère tenaient la pension Azeres à Guéthary. Marie Le Blant Etchepare décède à Bayonne le 11 décembre 1960. Ils n’ont pas eu de descendants.