JULIEN LE BLANT

En peinture, un petit maître est un peintre qui « n’a pas la notoriété des peintres reconnus et recherchés », bien qu’ayant potentiellement contribué dans l’ombre à l’histoire de l’art. Il est souvent spécialisé dans la production d’illustrations exécutées au crayon, à l’aquarelle ou à l’huile et représentant des paysages, des scènes de genre ou des personnages.

Cette définition correspond bien à Julien Le Blant, artiste aujourd’hui oublié et pourtant reconnu comme un peintre d’histoire majeur à la fin du 19e siècle. Spécialiste des chouans, des guerres de Vendée et du 1er Empire, il fut plusieurs fois médaillé dans les salons et expositions de son époque.

En 60 ans de carrière, Julien Le Blant nous donne l’impression d’avoir eu 4 vies d’artiste, avec 4 périodes très différentes.

  • Peintre d’histoire
  • Illustrateur de romans
  • Peintre impressionniste
  • Dessinateur – documentaliste de la grande guerre

À la fin de sa vie, en plus des très nombreux tableaux et dessins d’illustrations, il a réalisé plus de 500 dessins, gravures et aquarelles de poilus ignorés à ce jour. Il nous laisse une œuvre humaniste où l’on rencontre les soldats en permission dans toute leur réalité, éloignée des images de propagande. Ces poilus épuisés physiquement et moralement, errant aux alentours de la Gare de l’Est, Julien Le Blant les a rencontrés, observés avant de les croquer. Très souvent il a noté leur nom, leur provenance et leur métier. Rares sont les artistes qui ont essayé de montrer que la guerre ne couchait pas des pièces numérotées sur un jeu d’échecs, mais des êtres humains. C’est sans doute pour cette raison que son œuvre a passé inaperçue à cette époque et qu’un siècle après il est urgent de la redécouvrir.           

Dominique Formaz – tous droits réservés